"Certains des plus grands artistes du monde font 40 emballages de vinyles différents juste pour que vous continuiez à en acheter davantage. C'est du gaspillage"
La déclaration n'a pas dû plaire à Taylor Swift : dans une interview accordée au média américain Billboard, Billie Eilish n'y a pas été de main morte le 28 mars dernier, pour tacler le manque de sens écologique de ses collègues. Au programme : des prises de position sur la pollution (un sujet sur lequel la musicienne est engagée depuis longtemps) et une petite pique adressée à tous ces artistes et labels pressant les versions vinyles de leurs albums en différentes couleurs et formats afin de booster les ventes. https://twitter.com/PopCrave/status/1773440614157197521 C'est en fait : la chute du marché CD à l'échelle planétaire, couplée à la domination du streaming, amène tout le milieu musical à repenser les modes d'écoute. Et pour ça, il y a le vinyle; un support qui résiste au temps et peut compter sur un regain d'intérêt depuis plusieurs années. Il n'en fallait pas plus pour inciter les poids lourds du secteur à saturer les usines de production avec des déclinaisons à outrance de leurs 33 tours (comme les Rolling Stones par exemple, avec 43 versions différentes de leur Hackney Diamonds !). Alors forcément, puisqu'il est question d'écologie, Eilish sort le bazooka :“On vit à une époque où, pour une raison ou une autre, il est très important pour certains artistes de produire toutes sortes de vinyles et d’emballages différents. […] Je ne peux même pas vous dire à quel point c’est du gaspillage [...] Ça m’énerve que l’on en soit encore à un point où l’on se préoccupe autant des chiffres et de l’argent — et ce sont tous vos artistes préférés qui font cette merde”.Dans le viseur, tout le monde pense évidemment à Taylor Swift, dont les ventes vinyles se sont élevées à plus de 3,5 millions rien que pour 2023. Mais pour Eilish, le problème va bien plus loin que ça.